Les nuits de Belcier

Le collectif Monts et Merveilles publie son nouveau calendrier.  Depuis 5 ans, avec l’aide d’Euratlantique, ils racontent la transformation des alentours de la gare en mettant en scène deux personnages. Cette année, c’est sous l’’angle de la nuit qu’ils explorent le quartier Belcier.


« Belcier, la nuit, c’’est un autre monde. Il y a les discothèques bien sûr, tout ce qui tourne autour de la fête… mais aussi cette vie de la nuit liée au marché de Brienne », raconte Jonathan Macias devant la nouvelle parure zébrée de la Maison Monts et Merveilles située dans ce qu’’il reste de la rue Bobinot. 

Un îlot presque miraculé, encerclé de rambardes de chantiers et de grues à perte de vue. À quelques mètres de là, on aperçoit d’’ailleurs de justesse les murs du club la Plage, une des plus grandes boîtes de nuit d’’Europe. Et derrière, ceux des établissements Grouts où les rayonnages infinis de déguisements, costumes et accessoires en font un des plus grands costumiers… d’’Europe aussi. 

Voilà pour les décors. Pour le décor, c’’est Belcier : son rapport à la fête et à la nuit. 


« Sans porter de jugement moral, on voulait raconter cet usage des corps un peu fantasmagorique de la ville, une fois le jour tombé. Éviter les clichés bien sûr, mais montrer ces choses que l’’on se permet la nuit et que l’on ne fait pas le jour de la même façon. Il y a aussi cette dimension où les corps sont plus équivoques, jouent avec la sensualité”.

Un jeu plastique dans lequel le photographe Bordelais Mike Palace qui a réalisé les images se plonge avec brio : pas d’’éclairage artificiel, beaucoup de grain, un genre « photos volées » qui donne cette impression assez agréable parfois que l’’on aurait pu faire partie de leur Road trip nocturne.

Quitterie Bernard

article publié dans Sud Ouest du 31.12.16

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