Ô Plafond, le bar éphémère

Dans cette portion de rue Saint Vincent de Paul qui débouche sur la gare, des formes abstraites ultras colorées attirent l’œil de façon inattendue sur une devanture : « Ô plafond/ bar éphémère », l’enseigne est écrite comme à la craie sur un tableau noir. 

Quelques tables, un comptoir, une exposition en cours de grandes toiles indigo et une salle de travail que l’on devine dans le fond. On se dit qu’on aimerait y rester longtemps, en tout cas plus que le temps d’un café. Ce lieu éclectique attire et pas seulement pour cette devanture colorée réalisée par Delphine Delas, une artiste bordelaise en vogue. Le bar, ouvert au public qu’une semaine par mois, est d’abord un espace d’accueil de projets, bien plus qu’un repaire de piliers de comptoir. 

photos : Quitterie de Fommervault

« Faire peu et bien avec une touche de solidarité » telle est la devise d’Odile Go, la maitresse des lieux. Avec son compagnon, Maxime Buzzi, architectes tous les deux, ils ont hérité de l’exploitation de ce bar un peu par hasard. « Quand nous avons racheté cet endroit il y a 3 ans pour y faire notre maison, il y avait dans le lot de cet ancien hôtel bar restaurant, une licence IV et j’ai passé un permis d’exploitation », raconte amusée celle qui désormais fourmille d’idées pour faire vivre le lieu. Concerts, expositions, ateliers d’écriture ou de cuisine, sessions de Reiki, journée bien-être, paniers bio…les sollicitations ne manquent pas pour construire la programmation où tout a volontairement été concentré sur la semaine du 1er jeudi de chaque mois.

photos : Quitterie de Fommervault


A partir du 2 novembre et jusqu’au 16 novembre, le bar ouvrira ses portes les midis de la semaine pour faire restaurant. Une première expérience qu’ils ont conduit les premiers jours d’octobre où un peu comme un jeu mais avec toujours ce désir de bien faire, Mishka, traiteur à domicile d’origine Camerounaise, proposait avec sa devanture mobile « Mishka Corner », cuisine du monde et bonnes pâtisseries et cela pour des prix très corrects. Une expérience qu’elle reconduira aussi début Janvier. Ce vendredi, un couple d’américains poussent la porte du Bar ô Plafond pour la deuxième fois avant de reprendre le train et quitter Bordeaux. Ils semblent amusés par cette ambiance inattendue . « Tous les jours on s’étonnait de la diversité des gens qui s’arrêtaient pour déjeuner, un contrôleur de train, des voyageurs et puis il y avait toujours un touriste étranger. On découvre cette expérience de restauration, on vit ça comme un grand exercice.»
A deux heures pétantes, rideau ! Odile Go presse chacun de partir car le lieu doit retrouver son silence. Tout récemment, les Possibilistes et l’atelier Artefact, deux collectifs d’architectes - urbanistes ont élu domicile dans l’arrière salle du restaurant, la salle bambou, pour y travailler. En décembre, REVES est le nom de la boutique éphémère, ouverte aussi tous les jours entre midi et deux, qui prendra place dans la salle du restaurant et proposera toutes sortes d’objets propices aux cadeaux de Noel. « Le côté éphémère c’est la seule chose que l’on gardera toujours ». Q.B.

Article paru dans Sud Ouest le 28/10/2015 

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