Monts et Merveilles joue avec la beauté


La sortie du calendrier de Monts et Merveilles est désormais un rendez-vous : chaque année depuis quatre ans, le duo d’artistes formé par Emmanuel Commenges et Jonathan Macias, se met en scène derrière l’objectif d’un photographe et raconte la transformation du quartier Belcier.

Photos : Benjamin Juhel

Photo : Benjamin Juhel

Photo : Benjamin Juhel

Photo : Benjamin Juhel

Chaque mois, une image, une pause différente avec toujours ces deux personnages vêtus simplement de sous-vêtements blancs. « Jusqu’à présent, les images de nos calendriers racontaient le quartier en chantier avec ses grues, ses démolitions. Pour l’édition 2015, nos personnages se projetaient dans ces zones encore en friche en imaginant les futurs usages des habitants : une sorte de parodie des biens de consommation et des objets domestiques où les corps s’affirmaient de façon presque publicitaire », raconte Jonathan Macias. 

Les images de Benjamin Juhel traduisent parfaitement la beauté graphique de ces nouveaux quartiers 

Pour la nouvelle version du calendrier 2016, le propos a changé. La réalisation a été confiée à Benjamin Juhel, un photographe d’origine nantaise installé désormais à Bordeaux. « Ses images de corps chorégraphiés au milieu d’espaces architecturaux collaient pile avec ce que l’on recherchait. Cette année on a inversé le principe en se posant dans les architectures existantes, au milieu des zones d’habitations récentes», poursuit Emmanuel Commenges. Ces zones résidentielles qui suivent plus ou moins le trajet de la ligne de tram de l’ilot Armagnac, jusqu’à Terres-Neuves en passant par Carles Vernet. 

« On trouvait que ces bâtiments étaient beaux à regarder, avec des formes géométriques très esthétiques mais on avait aussi ce sentiment que la vie avait quelque fois un peu de mal à prendre». Dans ce décor d’une beauté graphique indéniable que les photos de Benjamin Juhel mettent parfaitement en valeur, les deux personnages prennent pose : corps courbés, souvent repliés, hommes dont on ne perçoit que très rarement le visage comme pour signifier la difficulté de l’humain à s’inscrire dans ces lieux. « C’est cet écart-là que l’on voulait aborder : cet espace laissé entre la beauté architecturale et la façon dont les gens ensuite investissent les lieux ». Q.B.

Article paru dans Sud-Ouest le 04/12/15 

Où trouver le calendrier ? La Machine
à lire, La Mauvaise réputation, Chez Mollat et n’A qu’1 Oeil ou sur
commande : [email protected]

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