Delphine Delas, une poésie en 3D

L’artiste a imaginé un projet Street Art pour Belcier en s’inspirant de l’oeuvre de Duras et de la mémoire du quartier 


Tout est parti de ces noms de rue à consonance indochinoise : Saigon, Son-tay, Bac-Ninh que l’on croise, non loin du pont en U, dans le quartier Belcier. Intriguée, l’artiste de Street Art Delphine Delas, a voulu mener l’enquête sur les raisons de ces évocations : référence à l’histoire coloniale de la France ? Mémoire d’une caserne militaire dans la rue de Saigon ? 

Un écho à Marguerite Duras

Si la réponse demande d’être encore fouillée, ces noms font pour l’artiste, écho à l’œuvre de Marguerite Duras dont on fête les 20 ans de la disparition cette année. Tête la première, elle plonge dans les photos d’archive de la romancière, glane des images dans des livres et sur Internet. De ces photographies de Marguerite Duras petite avec sa mère ou sur le chemin de l’école avec ses camarades ; de ces paysages de Saigon des années 20, naissent toute une série de dessins. Et un projet urbain que Delphine Delas imagine pour les murs de Belcier. Un projet aussi qui aura toute sa place dans le parcours Street art organisé cet été par la Ville de Bordeaux. 

« Selon les supports, je collerai mes dessins à la façon d’Ernest-Pignon-Ernest ou en peignant directement sur les murs”

“Je compte aussi utiliser le mapping en projetant des images ou des vidéos dans lesquelles j’intégrerai la parole des habitants» détaille celle qui est désormais reconnue pour ses grands personnages mythologiques tracés aux traits fins. Des créatures étranges que l’on pouvait voir fin novembre sur le M.U.R, place d’Avisseau dans le quartier des Chartrons. « Là, mes dessins seront beaucoup plus figuratifs » précise Delphine Delas qui s’emparerait bien si elle le pouvait de tous les murs du quartier.

 

Euratlantique lui a déjà confié une dizaine de murs, rue des terres de Bordes, rue de Saigon et sur le quai de Paludate, des murs voués disparaître dans le programme d’aménagement de l’établissement. La première intervention est prévue dès le mois de juin avec Nicolas Louvancourt, un spécialiste du mapping. Ensemble,  ils s’attaqueront à un morceau de taille : les deux châteaux d’eau au pied du pont du Guit dont la destruction est programmée en septembre prochain.


Quitterie Bernard

Article paru dans S.O le 21/04/2016 

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