3 questions à… Elisabeth Sanson

Elisabeth Sanson fêtera bientôt son premier anniversaire à la tête du Festival Chahuts. Implantée dans les locaux du Centre d’animation Saint-Michel, rue Permentade, elle nous livre ses impressions sur ce quartier qu’elle a découvert en 2017. Et ses projets pour l’année qui vient.  Une édition plus longue qui passe de 4 à 10 jours pour ce festival né au cœur du quartier Saint-Michel et qui depuis presque 30 ans, met à l’honneur tous les mois de juin, (cette année entre le 6 au 16 juin 2018), les Arts de la parole.

Qu’est-ce qui vous a marqué en arrivant à Saint Michel ? 

En premier, c’est la beauté architecturale de la Place Saint-Michel. Une beauté que l’on retrouve d’ailleurs dans tout le quartier.  J’ai aussi apprécié son côté très vivant et cosmopolite. Je suis familière de ces ambiances que je connaissais en vivant dans le 20e arrondissement de Paris. Mais ce qui distingue vraiment Saint Michel, c’est cette forme de paix et de tranquillité.

Votre souvenir le plus marquant en 2017 ?

Évidemment c’est le fait de conduire ma première édition de Chahuts. Certaines personnes avaient exprimé un doute sur la reprise d’un festival qui avait été marqué pendant plus de 10 ans par la personnalité de Caroline Melon. Aurait-il le même souffle ? On pouvait se poser la question. Finalement tout s’est très bien passé, et je crois que c’était une très belle édition. Une responsabilité partagée avec toute l’équipe du festival.  En plus, à cette époque, les critiques fusaient de plus en plus sur l’arrivée en masse de parisiens à Bordeaux, je craignais d’être assimilée à cette vague. Or, je peux dire que j’ai été très bien accueillie.

Quels sont vos vœux pour l’année à venir ? 

La dimension sociale de Chahuts est aussi importante que la dimension culturelle. Dès l’origine, le festival a reposé sur deux volontés. La première était de valoriser les différences culturelles du quartier. La deuxième, celle de redonner une fierté à ses habitants tout en suscitant l’envie de venir à Saint-Michel. Avec l’évolution du quartier, je souhaite que le festival garde cette richesse qui est de rassembler des gens très différents et d’arriver à faire le grand écart entre toutes les cultures. En y intégrant aussi les nouveaux arrivants. C’est vrai que si le quartier s’homogénéise trop, cela deviendra moins intéressant parce que le festival s’imprègne des différences. C’est aussi pour cette raison que l’on commence à travailler avec d’autres quartiers, comme les Aubiers ou la Benauge où, dès cette année, des artistes seront envoyés en résidence.  Dès l’année prochaine, nous prévoyons de programmer certains spectacles là-bas et de travailler avec d’autres associations.

Comment voyez-vous Saint-Michel dans 10 ans ?

Le projet de rénovation urbaine aura sûrement achevé son travail de nettoyage des façades, c’est inévitable. Certaines personnes vivent ici dans des conditions déplorables et c’est bien que ça change. Mais, les changements du quartier sont malheureusement en train de chasser les plus pauvres loin du centre-ville. La richesse culturelle de Saint-Michel vient de la diversité des populations qui y vivent.  Cela dit, je garde espoir et me méfie des clichés, du besoin de toujours tout devoir mettre dans des cases. 


Sud-ouest du 3 Janvier 2018

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