“L’entre deux tours”, le film d’une génération

Philippe Kastelnik présente “l’entre-deux-tours”, une comédie dramatique tournée en plein Saint-Michel pendant les dernières élections présidentielles. Projection unique le 4 juillet à 21h15 au cinéma l’Utopia.

 

« En fait la gauche prend les mêmes décisions que la droite mais avec des scrupules donc en mettant plus de temps ». C’est à peu près en ces termes que le jeune Fred résume un peu paumé, son désarroi. Une figure de la désillusion que Philippe Kastelnik pose dans son nouveau long-métrage « L’entre deux tours », au milieu d’une bande d’amis trentenaires, tendance plutôt libertaires. On est en pleine élection présidentielle. C’était en 2012. Et rien pourtant ne semble daté.  

Au delà de l’idéologie

« C’est le portrait d’un groupe qui s’interroge sur la démocratie, tout en véhiculant les idées reçues, les lieux communs, les opinions, tout ce qui circule dans les médias. Cela montre aussi comment des gens de gauche ne sont pas forcément d’accord» explique le réalisateur. Avec trois bouts de ficelles, une troupe d’acteurs ultra-talentueux plus quatre années de travail pour tout assembler, il signe ce film d’une grande richesse. Vingt-cinq ans après « Un monde sans pitié » d’Eric Rochant, on suit une jeunesse désabusée, drôle, sensible, pleine d’énergie mais avec vue sur la flèche. Car c’est en plein coeur du quartier st Michel que Philippe Kastelnik a volontairement choisi de poser sa caméra. On traverse les capucins, le marché bouillonnant des week-ends, la place où commencent à peine les travaux d’embellissement, ses vieux troquets, ses lieux culturels plus ou moins underground. « Je vis ici et je voulais mettre en scène les gens de ce quartier dont beaucoup travaillent dans le social, la culture et le monde éducatif. je voulais aussi montrer cet esprit village vraiment à part de st Michel». 

C’est vrai qu’on y chemine comme dans un village. Mais sans folklore ni cliché. Peut être parce que l’on est au delà de l’idéologie. Très proche de l’humain. Car l’histoire qui tourne autour de l’accueil d’un immigré bosniaque ébranle les convictions, ouvre des brèches, fragilise les positions trop tranchées. 

Quitterie Bernard

Article paru dans Sud Ouest le 20/06/16

  • Projection le lundi 4 juillet à 21h15, (entrée libre), suivie d’une rencontre avec l’équipe de film.
  • Jusqu’au 9 juillet, on peut aider à la diffusion du film en participant ici : www.touscoprod.com/fr/lentredeuxtours




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