Caroline Cochet à l’heure bleue


Dans le silence d’une jolie cour arborée, non loin de la gare St jean, de grandes bassines bouillonnent d’un liquide bleu profond. Des bains de teinture qui accueilleront toutes sortes de tissus que Caroline Cochet prépare avec minutie. 

Arrivée à Bordeaux il y a trois ans, cette trentenaire à l’origine lectrice de scénario à Paris mais aussi tricoteuse, a tout quitté ou presque pour se consacrer à la teinture naturelle. Désormais c’est dans la cour de son atelier qu’elle anime des stages pour transmettre son savoir-faire autour des nuances naturelles, la garance, le sorgho, le châtaignier, le genet et tant d’autres. Mais aussi initier aux techniques du Shibori, cette technique de teinture japonaise connue sous le nom de Tie and dye : enroulage du tissu, pliage, toutes sortes de contorsions qui créent des motifs plus ou moins géométriques avec la couleur. « La teinture c’est aussi travailler le tissu dans les bains pour le déployer là où l’on veut que la teinture entre, le malaxer pour jouer sur les contrastes», précise celle qui est armée de toute une panoplie d’objets aussi incongrus que variés, pois chiches, cailloux, couvercles, cordes pour créer des motifs. « Le moment le plus excitant, c’est quand on déploie le tissu. J’apprécie cette surprise, le côté aléatoire et c’est ce que j’aime transmettre : donner des idées pour que mes stagiaires repartent avec l’envie de créer et d’expérimenter par eux-mêmes ». 

Un stage au Japon

 Depuis cet été, Caroline Cochet est animée par une nouvelle passion : le bleu. Grâce à un financement participatif, elle est partie au japon pour se former à cette teinture qu’elle reconnaît être « la plus amusante parce que la couleur se révèle avec l’oxygène ».
Ce week-end dans le cadre des Journées Gestes partagés où les artisans proposent de faire découvrir leur savoir-faire, elle ouvrira les portes de son atelier pour des mini-stages gratuits de deux heures autour du bleu. On pourra voir aussi exposées tout le mois de novembre, à la Soupe au Caillou dans le quartier St-Michel, ses grandes toiles indigo ramenées du Japon et créées avec une patience telle que l’on ne compte plus son temps. Q.B.

Article paru dans Sud-Ouest le 22 Octobre 2015

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